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Août 2006 
La poésie, fidèle compagne de ma vie
Auteur : Mousse Boulanger

La créativité c’est la capacité d’inventer, la faculté d’imagination, de capter l’inconnu, l’invisible. Est-elle innée chez l’individu? Est-elle réveillée par l’éducation? Par l’école? Est-elle plus développée chez certaines personnes, plus endormie chez d’autres? Pour moi ces questions restent sans réponse. Je remercie la fée qui s’est penchée sur mon berceau pour faire couler dans mes veines la perception de la poésie qui s’est vite transformée en amour passionné. Après avoir appris par-coeur, en classe, des poètes comme Jean de la Fontaine, Emile Verhaeren, Anna de Noailles, Charles Péguy et bien d’autres, j’ai eu envie de les copier. Je m’acharnais à dire, avec mes mots, les mêmes choses qu’eux, dans les mêmes rythmes, mais, je dois le reconnaître, le résultat était fort piteux. Mais à l’âge de l’adolescence tout se résume par le mot «génial»! Heureusement j’ai très tôt été passionnée de lectures, et très vite ce sont les poètes contemporains qui m’ont accrochée. J’ai compris que mon imagination personnelle pouvait parfaitement faire l’affaire et je me suis mise à m’écouter inventer en silence, tout en admirant les grands noms des anthologies.

Pour moi, la créativité c’est l’écoute, puis la transcription de cette chanson, dans la rue, qui vient se promener dans mes rêveries; c’est l’enfant qui sourit en me croisant, c’est un regard surpris en passant. Elle est là, à chaque instant, elle me fait des petits signes, elle m’accompagne dans les moments les plus exaltant comme les plus douloureux. La poésie est une compagne patiente, qui ne me quitte jamais, elle sait attendre que je m’arrête pour l’écouter, elle sait me faire entendre toutes les musiques de l’univers.

On n’est pas poète seulement parce qu’on fait des vers obéissant à toutes les règles de la versification. Je connais des gens simples, des ouvriers, des paysans, qui sont tellement empreint de poésie qu’ils la transmettent par des mots quotidiens, des images qu’ils inventent si naturellement qu’elles deviennent, à l’oreille, comme des chansons populaires. Si tant de fois les enfants nous attendrissent par une réflexion, c’est qu’ils ont encore la liberté du langage, sans règles, sans interdits. Je crois qu’ils portent en eux tous les germes de la poésie, mais faute de soins, les pousses s’étiolent, mais il restera toujours dans le coeur de l’adulte quelques trous qu’il cherchera à combler par des rêves, des illusions, par sa propre créativité.

La poésie a été la plus fidèle compagne de ma vie, et – je vous le dis à l’oreille – elle m’a permis de vivre.

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