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Juin 2006 
La créativité du mouvement altermondialiste
Auteur : Hans-Peter Renk

Telle la langue d’Esope, la créativité est la meilleure ou la pire des choses… Commençons par la pire.

Créativité, clament les apologistes du «capitalisme réellement existant ». Au nom de la créativité du marché, il faut privatiser tout ce qui peut l’être: la poste, les télécommunications, l’eau, et demain les CFF – comme en Grande-Bretagne thatchéro- blairiste! A laquelle nous devons la formule forgée par la baronne Margaret Thatcher, ex-premier ministre: TINA, «there is no alternative» (il n’y a pas d’alternative).

Heureusement, il existe une autre créativité: par exemple, celle des citoyens vénézuéliens qui, le 14 avril 2002, remirent au pouvoir leur président légitime, Hugo Chávez, renversé trois jours plus tôt (selon la recette «made in USA» utilisée en 1973 contre le gouvernement de Salvador Allende, au Chili). Ou celle des Boliviens qui viennent d’élire Evo Morales à la présidence, après des années de lutte contre la privatisation de l’eau, du gaz et des ressources minières…

Depuis la fin du siècle précédent, le mouvement altermondialiste a su faire preuve de créativité en rejetant l’ordre «de ce vieux monde où tout s’achète» (formule émanant de la créativité du regretté chanteur vaudois Gilles). La créativité du Forum social mondial est certainement supérieure à celle du Forum économique de Davos (sous bonne garde des policiers et militaires suisses!).

Dans ce canton, les précurseurs de la République neuchâteloise, en 1831 et en 1848, ont su faire preuve de créativité… en bousculant l’ordre séculaire de l’aristocratie. L’époque, n’en déplaise à nos actuels gouvernants, n’était guère consensuelle, mais elle était très créative intellectuellement.

Méditons en conclusion la créativité d’un socialiste, qui ne fut jamais ministre, assassiné à la veille de la Première Guerre mondiale: «Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques» (Jean Jaurès, Discours au lycée d’Albi, 30 juillet 1903). Dans le pays où Christophe Blocher est ministre, ce rappel n’est pas inutile…

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