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Février 2017 
Pas de panique!
Auteur : Emilie Salamin-Amar

J’entends et je lis, ici et là, que l’Occident s’écroule… et alors? Nous n’allons tout de même pas regretter cet odieux système de mondialisation basé uniquement sur le commerce et le profit qui a infligé le chômage à deux ou trois générations. Il ne faut pas s’imaginer que notre monde véreux va s’écrouler d’un coup. Non, il s’effrite, lentement, mais nullement sûrement. Devant une situation catastrophique, nous n’allons pas attendre que toute cette civilisation qui est la nôtre se retrouve en état de délabrement. Nous ne laisserons pas la place aux autres. Car ceux qui désespèrent devant ce triste tableau sont des lâches, des fatalistes, tandis que ceux qui espèrent, et qui crient au changement, qui croient encore à un dernier sursaut pourraient être considérés comme étant atteints de folie furieuse. Peut-être bien que je dois être, moi aussi, un peu fêlée… disons que je suis une optimiste réaliste.

Un peu partout dans le monde des idées naissent afin d’améliorer notre système de gouvernance. Il suffit de prêter l’oreille, ou de lire ce que pensent les nouveaux révolutionnaires pour se rendre compte que le changement est dans tous les esprits. Sauf dans la tête de ceux qui sont actuellement aux commandes. Normal, ils savent qu’ils risquent de perdre leurs avantages, ou même leurs sièges au gouvernement, ou dans différents conseils d’administration.

Si l’on interroge un citoyen lambda, il se plaint de travailler trop, de passer des heures dans son véhicule ou dans les transports en commun pour aller à son travail. Vivre avec un seul salaire pour une famille n’est plus suffisant. Cela porte un nom: cela s’appelle survivre. Aujourd’hui, il faut deux salaires pour élever des enfants. Donc, les femmes ont été mises à contribution, elles travaillent elles aussi, souvent à temps partiel, souvent mal payées, elles jonglent avec les tâches ménagères et éducatives. Les enfants sont bien souvent livrés à eux-mêmes. Cet exemple n’est pas représentatif, car il y a tous ceux qui sont sans emploi: les chômeurs. Alors, la colère monte en Occident, les peuples veulent du changement, dans certains pays européens on flirte avec l’extrême droite nationaliste. Aux Etats-Unis, un milliardaire vient d’être élu, ses promesses électorales paraissent folles, dès qu’il sera au pouvoir, il veut encourager le protectionnisme. Donc, cela voudrait dire qu’il veut casser ce monde du commerce à outrance que d’autres, avant lui, ont fabriqué et imposé au reste du monde. Serait-ce la fin des délocalisations? La fin du travail à bas coûts? La fin de l’esclavage moderne? La fin des longs voyages de nos fruits et légumes pour arriver dans nos assiettes?

Personne ne sait comment ce nouveau chef d’Etat va se comporter lorsqu’il sera en fonction, mais une chose est sûre, c’est que s’il se désengage de l’OTAN, qu’il ne veille plus à la protection de l’Europe, peut-être bien que ce sera là le début d’un changement de paradigme. Lâchée par le grand frère américain, l’Europe n’aura pas d’autre choix que se prendre en charge afin de devenir une véritable communauté européenne. Mais, il faut qu’elle mette dès à présent les bouchées doubles, car le loup du Kremlin rêve de reconquérir ses anciens pays satellites. Par ailleurs, sur les rives du Bosphore, un autre ogre rêve, lui aussi, d’un nouvel Empire Ottoman.

Moralité… faut faire vite! Sinon, d’autres régions du monde, telles que La Chine ou l’Inde, risquent bien d’arriver à leur apogée, et nous serons voués à disparaître à jamais. Reste à savoir à quelle sauce ils nous mangeront! La suprématie, c’est un peu comme le jeu des chaises musicales…

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