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Avril 2016 
Quand les banques font la loi
Auteur : Mousse Boulanger

Yves Sancey
Editions Antipodes
Lausanne

Je ne vais pas vous parler d’un roman, d’un livre de fiction – encore que parfois on se demande! Le titre est Quand les banques font la loi paru aux Éditions Antipodes, à Lausanne. Dans une sorte de préface, l’auteur rappelle la chanson de Jean Villard Gilles, chanson prémonitoire qui a pour titre «Dollar». Tout au long de ma lecture, j’ai pensé à ce dieu dollar, les paroles tournant dans ma tête alors que l’étude réalisée par Yves Sancey est d’une rigueur, d’une précision, d’une documentation terriblement aiguës, précises, passionnantes. D’emblée il mentionne un extrait de la Commission fédérale des banques qui stipule «L’autorégulation a fait ses preuves en tant que forme alternative de réglementation pour la place financière suisse dont elle constitue un pilier essentiel.»

A partir de là l’auteur analyse la crise des subprimes de l’été 2007, puis la crise bancaire et financière de l’automne 2008, pour en arriver aux obsessions du néolibéralisme, le blocage du salariat, le coût du travail, la compétitivité. Economies, restriction des aides sociales, donc réductions des pensions, licenciements facilités, démantèlement des sécurités dans la fonction publique et on arrive au désastre financier d’une banque classée comme «Trop grande pour capoter», c’est-à-dire l’UBS qui a pour des milliards d’actifs toxiques. C’est l’Etat – donc nos impôts – et la Banque nationale suisse qui avancent les milliards pour sauver un établissement jugé indispensable dans le paysage bancaire suisse.

L’autorégulation des banques étant restée intouchable malgré les catastrophes enrayées par l’Etat, le Conseil fédéral commence à se poser quelques questions sur la surveillance des banques et crée la FINMA c’est-à-dire Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, à la tête de laquelle on commence par mettre un ex-patron de l’UBS. Il ne m’est pas possible d’évoquer toutes les péripéties helvétiques de l’histoire bancaire, mais ce que je peux préciser c’est que ce livre est le document qui permet de comprendre le rapport toujours favorable aux banques entre l’Etat et la Banque nationale suisse. Il démontre combien les politiques ont toujours été frileux dès qu’on parle banques, négligeant contrôle, surveillance, études de rapport, en résumé évitant toute incursion politique dans le domaine bancaire. Il s’agit d’une lecture quelque peu ardue, j’en conviens, mais combien instructive et toujours révélatrice.

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