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Août 2013 
Mais d’abord la vie…
Auteur : Colette Hein Vinard

La vie.
Instant après instant.
À chaque battement de cœur,
il y a une vie avant la mort !
Autant s'en souvenir tout de suite…

Atteinte d'une insuffisance cardiaque assez grave pour effrayer les cardiologues et récemment appareillée d'un stimulateur spécial, ce problème de santé m'est une chance puisqu'il me fait goûter l'instant à vivre comme un précieux cadeau. Depuis que j'ai réalisé que tout pouvait s'arrêter d'une seconde à l'autre, chaque matin, je me dis «Chouette, encore un jour! Ce serait trop bête de le laisser passer sans rien en faire de valable». La perspective de la mort me rend la vie précieuse.

J'en parlais récemment avec un ami. Il se demandait ce qu'il ferait si on lui annonçait qu'il n'avait plus que quelques mois à vivre. Il pensait qu'il irait faire un grand voyage autour du monde… Pourquoi attendre l'annonce d'une telle échéance pour réaliser un rêve? Lorsqu'on en est là, il y a bien des risques que la santé ne soit plus suffisante pour nous permettre d'apprécier ce voyage, voire même de réaliser ce rêve. Il est préférable de faire ce qui nous tient à cœur dès que possible.

Un soir, je suis allée admirer une colonie de lucioles aux étangs de la Mauguettaz, derrière Yvonand. Dans la nuit noire, ces milliers de petites lueurs qui volent en clignotant autour de nous offrent le spectacle le plus féérique et poétique qui se puisse imaginer. Je l'ai goûté encore plus intensément car je ne suis pas sûre de le revoir l'an prochain.

Entre vie, mort et mémoire. Que laissera-t-on derrière nous?

Autant ne pas faire l'autruche et admettre qu'on va mourir un jour, seule certitude absolue… Organiser à l'avance nos funérailles, sans formuler d'exigences trop strictes afin que ceux qui s'en chargeront aient une réelle marge de manœuvre, rassembler les papiers importants et informer la famille de l'endroit où ils se trouvent allège vraiment sa tâche en ces moments lourds d'émotions. M'en occuper m'a aussi allégée, bien plus que je ne pensais.

Et voilà. Je suis encore là en ce matin du 14 juillet 2013 et j'en profite pour rédiger quelques textes qui m'importent, et transférer des informations essentielles à mes amis et contacts Internet. C'est ça aussi, la vie avant la mort: le sentiment serein d'avoir accompli ce qui devait l'être.

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