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Juin 2013 
Au bonheur des malfrats et des délateurs
Auteur : Emilie Salamin-Amar

Je suis contre le fait que mon identité soit révélée par le biais de ma plaque minéralogique, car cela fait le bonheur des voleurs et autres cambrioleurs. Et pour cause, le procédé est très simple: alors qu'un voleur vous suit sur une route, il lui suffit de demander votre identité par SMS à la Blécherette qui lui communiquera par le même biais votre nom et votre adresse. Il s'agit là de délation légale, qui va aboutir à une violation de la sphère privée et bien pire encore. Une fois le renseignement obtenu, notre voleur supposé communiquera à un complice l'adresse de votre domicile privé. Dans un premier temps, il lui suffira d'observer en faisant le guet, puis vérifier s'il y a quelqu'un dans votre appartement. Pour cela, il se contentera de passer un coup de fil chez vous, puis ira sonner à votre porte. S'il n'y a personne, le malfrat peut œuvrer alors en toute tranquillité pendant que son complice continue à vous suivre sur la route. Dès que ce dernier voit que vous reprenez le chemin de votre domicile, il avertit immédiatement son complice par téléphone, celui-ci aura eu le temps très probablement de vider et quitter votre logement en toute quiétude avec tous vos biens. A mon humble avis, seuls le Service des automobiles et, bien entendu, la police, devraient avoir accès à ce genre de données.

Autrefois, il existait un annuaire papier des plaques minéralogiques et tout un chacun pouvait l'acquérir en échange d'une modique somme d'argent. Plus d'une fois, j'ai été dénoncée par des individus et convoquée devant le Juge de Paix pour parcage illicite. Alors que j'avais garé ma voiture devant une boulangerie, un dimanche soir, dans un centre commercial de ma région pour aller manger une pizza, un locataire désœuvré de l'immeuble s'est permis de relever le numéro de ma plaque, a compulsé son annuaire papier et m'a dénoncée au Juge de Paix. Résultat, j'ai été condamnée à payer une amende assez salée et de surcroît, j'ai dû dédommager ce pauvre homme d'un émolument de dix francs pour avoir fait son devoir de citoyen: la délation !

Plus récemment, un automne pluvieux ne permit pas à mon époux de tailler notre haie. Il reporta ce travail au printemps en espérant avoir des jours plus ensoleillés. Un matin, nous avons reçu une lettre de la commune nous indiquant que nous avions été dénoncés. Armé d'un centimètre, un voisin s'est permis de mesurer la hauteur de nos thuyas qui dépassaient de vingt-cinq centimètres la hauteur autorisée par la loi communale. Dans cette lettre, le syndic nous donnait un mois pour étêter nos arbres selon le règlement, sinon le travail serait effectué par un paysagiste de son choix et nous serions condamnés à payer la facture. De plus, dans ce fameux courrier, il nous invitait à prendre connaissance de l'identité de la personne qui nous avait dénoncés.

Amis, vous qui me lisez, pendant que vous dormez à poings fermés, d'autres vous surveillent. Il faut que l'ordre règne et que les lois soient appliquées. Avis à la population !

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