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Avril 2013 
Crise et dettes: refusons le fatalisme!
Auteur : Jean-François Martin, FRSC

Les socialistes chrétiens romands se sont récemment réunis à Yverdon pour évoquer le problème de la dette des Etats européens. Cette journée d’étude a été principalement consacrée à une information sur les mécanismes qui ont conduit à la situation actuelle, sans que soit négligée la réflexion sur les solutions que les socialistes peuvent proposer pour rétablir l’équilibre.

Sur le site FRSC: Présentation de la journée et Compte-rendu [PDF].

Dimitri Andronicos, doctorant en éthique contemporaine et assistant à la faculté de théologie de Genève, a proposé une réflexion sur le caractère prétendument inéluctable de la crise, qui durerait depuis quatre décennies. Une forme de désespoir s’installe donc, avec la tentation de croire que seule l’austérité permettra d’en sortir. Les dettes publiques, qui servent pourtant à construire l’Etat, deviennent honteuses: il faut donc sanctionner, par cette austérité, les citoyens qui ont abusé des bienfaits du parapluie social. N’y a-t-il donc plus d’espérance? Faut-il vraiment faire confiance aux lois du marché?

Pour le professeur Paul Dembinski, de l’Université de Fribourg, la financiarisation de l’économie a changé fondamentalement la donne depuis les années 70: on vit dans l’illusion d’une bonne gestion des risques et de profits financiers qui diminuent la nécessité du travail. Mais cela a pour conséquence une fuite en avant avec notamment la volonté de consommer aujourd’hui ce que l’on paiera demain. Le besoin croissant de prestations sociales crée des emplois, mais une illusion de croissance. Les dettes des Etats ne sont plus remboursables. Une inflation pourrait permettre de les effacer, mais elle serait catastrophique pour la classe moyenne. Il faudrait donc oser annuler ces dettes d’un coup de crayon pour repartir sur des bases plus saines.

Député socialiste et économiste, Samuel Bendahan propose un programme d’action excluant que la population européenne indemnise les banques qui ont prêté de l’argent aux Etats très endettés à des taux élevés justement pour financer le risque pris! Il faut également faire cesser la concurrence fiscale qui prive les Etats de ressources importantes et ne pas craindre les investissements qui rapportent à long terme de l’argent et surtout du bien-être. Il imagine aussi que le capital des sociétés soit progressivement socialisé (1% par année). Et termine en relevant que l’austérité qu’on veut imposer aux Grecs ou aux Portugais n’a aucune chance de les motiver pour construire une nouvelle économie.

Comme la discussion l’a montré, les socialistes chrétiens ne croient pas à l’inéluctabilité de la situation économique, ni à la responsabilité des populations défavorisées à qui on tente de faire payer la crise. Ils appellent les politiciens à assumer leurs devoirs et leurs compétences, au lieu de baisser les bras au prétexte que l’économie mondialisée leur a échappé.

Jean-François Martin,
secrétaire de la Fédération romande des socialistes chrétiens

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