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Juin 2010 °
C’est le monde actuel qui est à la dérive
Auteur : Christiane Betschen-Piguet

Dérive: déviation progressive d'un processus due à
un manque de contrôle (définition du Petit Robert).

Dérives du néolibéralisme? Le terme de «dérive» me semble inapproprié à propos du néolibéralisme. Au contraire, les suppôts des dogmes du néolibéralisme exercent un contrôle de plus en plus efficace sur le monde et qui se répand au détriment du pouvoir des Etats politiques. Ce mal, issu de quelques cerveaux universitaires nord-américains, s'est d'abord développé en Amérique latine, a gagné les autres continents jusqu'en Chine et sa dernière victime, c'est la Grèce aujourd'hui (certains journaux ont révélé le rôle des banques américaines et du FMI dans le désastre financier qui touche ce pays).

Il faut lire l'ouvrage écrit en 2007 par Naomi Klein, journaliste canadienne diplômée de la London school of economics: La Stratégie du choc (trad. française 2008, Leméac/Actes Sud). Naomi Klein explique dans son ouvrage ce qu'elle entend par «stratégie du choc». Elle part des travaux et expériences effectués dans les années 50 par un médecin psychiatre, E. Cameron, à l'université canadienne Mc Gill dont l'idée douteuse était d'induire un changement de personnalité grâce à un lavage de cerveau obtenu par un état de choc. Ces travaux, selon la thèse de N. Klein, furent encouragés aux Etats-Unis par la CIA et trouvèrent une application très inattendue dans le domaine de l'économie. C'est Milton Friedman, «chantre du capitalisme sans entraves» comme le nomme N. Klein, qui s'est emparé de ces «recherches» pour les appliquer en économie mondiale. Milton Friedman est le père de ce que l'on a appelé l'«Ecole de Chicago», dont les théories et les pratiques ont fait des ravages dans le monde entier. Leur stratégie peut se résumer ainsi: il s'agit d'attendre ou de créer une crise de grande envergure dans un pays puis, pendant que la population est sous le choc, vendre l'Etat, morceau par morceau, à des intérêts privés et se hâter de pérenniser la situation. L'Etat alors endetté réduit les prestations sociales, les pauvres s'appauvrissent encore tandis que les riches s'enrichissent toujours plus.

N'est-ce pas la situation que vivent actuellement de nombreux pays du globe? En conclusion, ne faudrait-il pas parler de dérives du monde actuel?


«Celui qui croit qu'une croissance exponentielle
peut continuer indéfiniment dans un monde fini
est soit un fou, soit un économiste.
»
Kenneth E. Boulding, économiste américain

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