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Août 2008 
Les puissants ne montrent pas l’exemple
Auteur : Rémy Cosandey

D’après la presse, Roland Nef a harcelé son ex-compagne durant une année. Ne supportant pas la rupture, il a fait preuve d’un acharnement obsessionnel en la bombardant de SMS et d’e-mails. Ainsi donc, c’est cet officier, grâce au silence complice du chef du Département militaire, qui a été nommé chef de l’armée suisse. Bravo! Pour engager un manoeuvre dans une usine ou un gratte-papier dans un bureau, on est davantage curieux…

Samuel Schmid souligne qu’il s’agit d’une affaire privée et qu’elle ne remet pas en cause la capacité de Roland Nef de diriger l’armée suisse. Permettons-nous d’en douter car la première exigence qu’on peut attendre d’un commandant en chef est la crédibilité. Comment les milliers de soldats qu’il commande peuvent-ils avoir du respect à l’égard d’un homme qui n’en a pas à l’égard de son ex-compagne (il répondait en son nom à des annonces de messieurs recherchant des relations sexuelles).

Roland Nef, de demi vérités en mensonges, a montré qu’il n’assumait pas ses responsabilités. Tirant les conséquences de son attitude, il a démissionné de son poste avant de se voir contrait à s’en aller (sa suspension était sans doute le premier pas de la procédure). Quant à Samuel Schmid, il devrait éviter d’affirmer que le peuple suisse maintient sa confiance à l’armée. Comme beaucoup d’élus, il plane à une hauteur sidérale qui l’empêche de comprendre les sentiments du peuple.

Autre exemple des puissants qui ne montrent pas l’exemple: le fils de colonel Kadhafi et son épouse ont été arrêtés dans un hôtel genevois parce qu’ils maltraitaient et séquestraient leurs domestiques (oh, le vilain mot!). Grâce à leur argent et sans doute à l’intérêt qu’il y a de maintenir de bonnes relations entre la Suisse et la Libye, ils ont été rapidement relâchés et se sont empressés de fuir le pays. On attend avec impatience de connaître la peine qui leur sera infligé par le tribunal! Mais on ne peut pas s’empêcher de penser à la fable de La Fontaine: «Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour seront blancs ou noirs».

Ces deux exemples montrent que la maltraitance touche toutes les couches de la population, et en particulier le haut du panier. Ce qui est grave, c’est que dans ces deux cas les coupables ne reconnaissent pas les faits et trouvent des excuses pour justifier leur conduite. Le couple Kadhafi va même jusqu’à se présenter en victime en affirmant que leurs domestiques exagéraient pour pouvoir obtenir l’asile politique en Suisse! La Libye prend des mesures de rétorsion inacceptables et la foule à Tripoli dénonce la maltraitance dont est victime le fils du colonel Kadhafi. Quelle indécence! Osons la vérité: si la Libye avait moins de pétrole, Hannibal et Aline Kadhafi seraient de vulgaires tortionnaires.

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