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Décembre 2007 
Quand je serai grand…
Auteur : Thomas von Kaenel, 9 ans

Quand je serai grand, j’aimerais être écrivain. J’écris un livre de science-fiction, des petites histoires avec des jeux de mots, et aussi quelques poésies. Je m’inquiète assez pour mon avenir, j’ai peur de ne pas bien gagner ma vie. Nous verrons ce que m’offrira mon métier d’écrivain. Ça se pourrait que je doive choisir un autre métier…

Je vis dans deux mondes. Il y a le monde de la socialité, où je joue avec mes copains d’école ou de quartier, et le monde imaginaire. Mon monde imaginaire, c’est un moment où je suis dans la lune, et où je m’imagine des petits films, que j’invente et que je vois dans ma tête. Je refuse que mes amis y pénètrent. C’est un peu égoïste. Mais certaines de mes histoires qui font partie de ce monde, je les raconte pour les partager avec l’écriture.

J’aime aussi dessiner. En général, mes dessins sont des animaux qui font des métiers d’humains: un faucon violoniste, ou une tortue astronaute… Il m’arrive aussi de dessiner des constructions célèbres, par exemple Notre Dame de Paris.

Je déteste la violence. La xénophobie est pour moi une violence créée par le diable. Il existe un homme politique né prisonnier du racisme: l’imbuvable conseiller fédéral Christophe Blocher. Ce prédateur politique est profondément raciste, et je trouve le racisme complètement stupide. Beaucoup de gens ont peur des étrangers car ils pourraient être dangereux, ce qui est vrai, mais c’est vrai pour tout le monde. Les étrangers peuvent apporter la paix, des miracles!

Par exemple, j’ai connu un serveur qui s’appelle José, il venait droit du Portugal. J’ai aussi connu une serveuse qui venait de la Côte d’Ivoire: ils sont fantastiques! Ils sont joyeux, ne s’énervent jamais et pourtant leur travail est difficile. J’apprécie aussi beaucoup mes copines de classe qui viennent du Sri Lanka: elles sont gaies, géniales et elles dansent tellement bien!

Certaines personnes ont peur de la différence. Les étrangers sont différents, sans aucun doute, mais les 7 milliards 250 millions d’hommes et de femmes qui peuplent cette planète sont différents. Si nous sommes tous différents, pourquoi avoir peur? Il ne faut pas voir la différence physique chez un étranger, il faut voir la différence psychologique, il faut voir ce qu’il a dans la tête, sa bonté. Tous les étrangers ont le droit d’être accueillis et de partager l’amitié, et les étrangers qui viennent en Europe ont souvent la guerre dans leurs pays; si nous les renvoyons, la plupart vont se faire tuer, et on a tous droit à la vie, surtout les enfants.

Si la Suisse est un pays neutre, si c’est un pays qui ne fait pas la guerre, ne faisons pas la guerre aux étrangers, faisons la guerre au racisme, et détruisons-le. Je pense que l’argent peut aussi faire des dégâts.

La publicité a un rapport avec l’argent, et je vais vous dire ce que j’en pense. C’est une menteuse, qui ne propose des choses que contre de l’argent. Ce que je trouve le plus injuste, c’est qu’il n’y a que les riches qui peuvent payer la publicité, les pauvres ne peuvent pas, et les riches s’enrichissent sans partager l’argent. Et en général les publicités sont bêtes et inutiles. Je pense que les pauvres pourraient faire bien mieux. Le pouvoir vient aussi de l’argent. Je pense que le pouvoir n’est rien comparé à l’amitié.

Avoir du pouvoir, c’est faire ce que l’on décide, et c’est de la violence. Les Pharaons étaient des véritables erreurs humaines, car ils faisaient travailler des esclaves. L’esclavage des temps modernes et celui du passé, ça n’apporte rien de bien dans le monde. Chacun a droit à sa liberté!

Mais si je pense que le racisme est une des pires violences, je déteste aussi la violence que l’homme fait à la nature. Même si je n’agis pas assez sur ce sujet, je m’en fais pour l’avenir de la planète. Je me demande si, lorsque je serai grand, Cugy sera sous deux mètres d’eau, si le Champs de Mars sera noyé et la tour Eiffel emportée. Pour l’instant, je n’ai pas trop peur, et je suis assez fier que nous ayons une petite voiture qui consomme peu d’essence. Un jour, j’ai proposé à ma mère d’aller ramasser les déchets autour de la cathédrale de Lausanne. Elle a accepté et pendant deux heures nous avons ramassé tout ce qui traînait.

Lorsque je serai adolescent, j’espère que je serai beaucoup avec mes amis, à discuter de ce qui nous passionne, j’espère que j’aurai un vélo et pas de voiture, que j’irai de temps en temps ramasser des déchets dans la rue, et aussi que j’aiderai un peu les étrangers, et que j’écrirai des livres sur la pollution et la maltraitance.

Je pense que les enfants sont la huitième merveille du monde. Car sans eux, je ne serais pas là aujourd’hui, vous ne seriez pas sur cette planète, vous ne liriez pas ce texte, ce texte que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire.

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