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Décembre 2007 
Rituels sportifs, porteurs de paix
Auteur : Frédéric Roth
«Le sport permet d'apprendre des valeurs universelles en jouant.» Adolf Ogi, ONU, Assemblée générale, 1er nov. 2007

Comme toute activité humaine, le sport dépend des valeurs défendues par les personnes qui le dirigent. Il est au service de la paix lorsqu’il diminue la violence, et accroît la justice sociale lorsque ses acteurs le pratiquent dans cet état d’esprit. Malheureusement, les exemples contraires ne sont pas rares. Son utilisation politique et financière amène toutes sortes de dérives. Le rôle éthique du sport est une tâche à accomplir, il n’est pas possible de le revendiquer comme un acquis.

La compétition et la modélisation du corps sont des éléments essentiels de la pratique sportive actuelle. Selon le Petit Larousse, la compétition est la recherche simultanée par deux ou plusieurs personnes d’un même avantage ou d’un même résultat. Est-elle compatible avec la défense de valeurs humaines?

Les réflexes de paix sont une attitude, des gestes, des mots qui permettent de diminuer les violences, y compris celles qui naissent sur le terrain de sport. Or, la compétition telle que sus-définie autorise t’elle les joueurs et arbitres de créer un cadre où les conflits peuvent être dépassés? Lorsque des sportifs formés à «l’instinct de tueur» doivent obtenir la victoire par tous moyens, nous nous éloignons de ces idéaux. C’est la question fondamentale à laquelle les spécialistes du sport sont confrontés.

«Le sport n’est pas coupé des réalités sociales, culturelles, économiques et politiques. Il n’a pas de valeur ou de vertu en soi. Il ne peut devenir un véritable moyen d’éducation et de prévention que par l’action d’éducateurs compétents et par un contrôle social soucieux de faire respecter la dignité et les droits de l’Homme.» Pierre Arnaud

Si gagner, par contre, c’est surmonter des obstacles en vue d’atteindre un but, et que la victoire n’a de sens qu’en fonction de la valeur du but atteint, nous sommes dans une autre logique. L’adversaire compétent nous oblige à trouver les meilleures réponses pour gagner. Il n’est plus l’ennemi à abattre mais le partenaire idéal de notre progression. Tous les moyens illicites pour obtenir la victoire (dopage, violence, tricherie) perdent leur sens. Il ne s’agit plus de devenir le meilleur, mais tout simplement meilleur. C’est la rencontre inédite de la compétition et de la coopération. C’est alors que la compétition sportive devient compatible avec les valeurs humaines, qu’elle encourage des réflexes de paix des joueurs et arbitres.

Les rituels sportifs se modifient en conséquence. L’équipe adverse et l’arbitre sont accueillis comme des partenaires sans lesquels le jeu n’est pas possible. Toute la relation à l’autre est vécue comme une chance et le sport contribue à l’édification d’une société harmonieuse. C’est dans cette direction et en partenariat avec le monde sportif que Graines de Paix s’investit pour que le sport puisse effectivement jouer son rôle de rassembleur d’humains.

Frédéric Roth,
Graines de Paix www.graines-de-paix.org

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