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Octobre 2007 
Plaidoyer pour la transparence
Auteur : Bernard Walter

La question que pose l’Essor est tellement vaste que pour la développer sérieusement, il y faudrait bien un livre. Le titre proposé pour ce « Forum» est déjà tout un programme. En effet, ce n’est autre que l’appellation que s’est choisie Janine Favre pour sa lutte contre le principe d’une assurance maladie obligatoire qu’elle considère comme ne respectant pas la liberté du citoyen. Cette femme, courageuse s’il en est (elle fait face seule à la gigantesque machine de l’Etat), prône une philosophie de la santé radicalement différente de celle qui nous est proposée – et imposée – dans les faits. Car, que nous soyons d’accord ou non, nous, le peuple, devons nous soumettre à ce que l’on peut bien considérer comme le diktat des politiciens, des assureurs et de l’industrie pharmaceutique. Les médecins, quant à eux, semblent avoir de moins en moins de prise sur le processus, ce qui explique qu’en Romandie, lors du vote sur la caisse unique, ils se soient, dans leur majorité, opposés à ceux qui sont devenus tout à la fois les patrons et les experts, à savoir la chimie bâloise, M. Couchepin et santésuisse.

La problématique, telle qu’elle est exposée dans le libellé introduisant ce «Forum», nous est bien connue, et l’occasion rêvée d’y apporter de profonds changements allant dans l’intérêt de la majorité des citoyens était fournie par l’«Initiative pour une caisse unique». Etouffé par les millions de la propagande des industriels, le peuple a largement rejeté cette initiative, et je ne vois pas bien ce qu’il peut faire d’autre maintenant que d’assumer son choix. Il a fait confiance au système en place, exact produit du plus pur libéralisme économique, cette philosophie de la liberté qui permet aux nantis de faire à peu près ce qu’ils veulent et à la population de se conformer aux ordres.

Les assureurs, eux, sont remis de leur panique et le système est retombé dans sa léthargie active. Je ne vois hélas pas ce qu’on peut faire pour changer les choses. Une société réellement démocratique permettrait à tous les citoyens du monde d’avoir une part équitable du revenu commun. Le domaine de la santé ne serait qu’accessoirement celui de la maladie et ne serait plus un marché financier monstrueux. Alors pourraient se développer des pratiques différentes. Je donne un simple exemple: ma médication personnelle principale, c’est le jeûne, auquel il m’arrive de recourir. Je ne veux pas en faire la théorie ici. Il serait très facile d’appliquer les principes de feu le docteur Shelton, référence incontournable en la matière, et d’en faire une évaluation scientifique. Mais ça, les responsables (avec ou sans guillemets) du système de santé ne le veulent surtout pas. Car cette méthode ne requiert aucune installation particulière, elle ne coûte rien, et elle est d’une remarquable efficacité.

Un médecin connu des années 70 déclarait: «A l’heure des bilans, l’industrie pharmaceutique ne se pose pas la question des bienfaits qu’elle a pu procurer aux gens, elle calcule uniquement l’argent qu’elle a gagné.» Tant que le système de santé fonctionnera sur de telles bases, il me paraît difficile de faire des propositions permettant une véritable amélioration du système de santé.

J’ai une proposition, toutefois. C’est la transparence. Que les assureurs publient leurs comptes, ce qu’ils sont dans le principe tenus de faire, puisque nous ne sommes pas dans un système de libre choix. Dans ces conditions, une information en bonne et due forme est un droit élémentaire des assurés. Et que les salaires payés soient conformes aux normes de l’Etat, puisqu’il s’agit d’un système d’Etat.

Je précise que je suis membre actif du Mouvement populaire des familles, dont il a été beaucoup question à l’époque des débats sur une caisse unique, mais que, en l’occurrence, ces propos n’engagent que moi.

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