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Août 2007 
Dis-moi, Grande Soeur Europe!
Auteur : Edith Samba

Tu connais bien le fonctionnement de ta petite soeur cadette, Helvétie: du haut de mes montagnes, j’ai toujours pris un plaisir tout particulier à regarder le monde s’agiter autour de moi, convaincue que je suis d’être dépositaire d’un généreux capital de science infuse, confié directement à mes bons soins par le Ciel et son conseil d’administration. Ton projet de départ m’avait pourtant beaucoup enthousiasmée: un grand espace de collaborations, une «confédération » d’Etats librement associés et respectés dans leurs diversités, un système social et de formation protégeant chacun de tes enfants…

Et que dois-je observer aujourd’hui? À écouter les plaintes de ta progéniture sur l’allégement du panier européen de la ménagère et ses vives recommandations à éviter de se rapprocher de toi, à observer ta façon de laisser s’installer de nouvelles formes d’esclavages et de barbaries sur ton sol, de régler tes problèmes internes et rapports mondiaux, je croule sous les désillusions. Je dois, malgré tout, te féliciter d’avoir accordé, dans ton dernier mini-traité, un embryon de droit référendaire à tes concitoyens: c’est un premier petit pas dans la bonne direction. N’hésite surtout pas à généraliser les outils de la démocratie directe: tu sais d’ailleurs à quel point j’aurai un plaisir mal dissimulé à partager avec toi mes modestes compétences en la matière, même si j’ai encore de sérieux progrès à faire.

Il n’empêche que tant que tu continueras à appliquer, avec zèle, les règlements délirants des OMC, AGCS, FMI et autres engeances, je ne vois plus de raisons cohérentes pour un rapprochement, puisque tu as adopté les principes mortifères de la «libre » concurrence, automatiquement déloyale dans sa pratique. Et aussi longtemps que tu ne donneras pas plus de preuves d’humanisme et d’esprit démocratique, que tu te recroquevilleras dans ta citadelle pour ne pas entendre les cris de notre soeur Afrique, je suis condamnée à me ronger les sangs, à la fois fière, perplexe et malheureuse, au milieu de ma prairie préférée... Décidemment, les histoires de famille sont parfois vraiment inconfortables!

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