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Avril 2019    [3]
Avoir 17 ans… et mourir à Gaza

Elle s’appelait Intissar al-Atar, jeune fille palestinienne. Elle avait 17 ans.

Cet article est une réponse éloquente et concrète à l’article de Marc Gabriel «Avoir 20 ans… et mourir à Gaza!» publié dans l’essor d’octobre 2018. C’est un extrait du livre de l’écrivain et intellectuel Noam Chomsky: «Qui mène le monde?», Lux Editeur, 2018, pages 155-156. Les faits décrits se passent en 1987.

Peu après le déclenchement de l’Intifada, Intissar al-Atar, une jeune fille palestinienne (de 17 ans), a été tuée d’une balle par un résident d’une colonie juive voisine alors qu’elle se trouvait dans la cour d’une école de Gaza. L’homme faisait partie de plusieurs milliers d’Israéliens installés à Gaza grâce à des aides substantielles de l’État. Protégés par une considérable présence militaire, ceux-ci se sont emparés d’une grande partie des terrains et des rares réserves d’eau de la bande de Gaza, vivant «avec opulence dans 22 colonies, entourées de 1,4 million de Palestiniens démunis», ainsi qu’en témoigne le chercheur israélien Avi Raz dans son récit du crime.

Shimon Yifrah, le meurtrier de l’écolière, a été arrêté puis mis en liberté sous caution: le tribunal avait décidé que le «crime [n’était] pas suffisamment grave» pour mériter l’emprisonnement. Le juge a signalé que Yfrah avait seulement voulu effrayer la jeune fille en lui tirant dessus dans la cour de l’école, et non la tuer. (…) Yfrah a écopé d’une peine de sept mois avec sursis, à la plus grande joie des colons présents dans la salle d’audience. Ailleurs, le silence habituel. Après tout, ce n’était que la routine.

En effet, au moment où était libéré Yfrah, la presse israélienne rapportait qu’une patrouille de l’armée avait ouvert le feu en prenant pour cible la cour d’une école d’un camp de réfugiés de Cisjordanie, blessant cinq enfants, là encore dans la seule intention de les «effrayer». Les responsables n’ont pas été inquiétés, et l’événement est à nouveau passé inaperçu. Il ne constituait qu’un énième épisode du programme de «punition par l’analphabétisme», comme l’a baptisée la presse israélienne, comprenant la fermeture d’écoles, l’usage de bombes au gaz, le tabassage d’étudiants avec des crosses de fusils et la privation d’aide médicale pour les victimes.

Bernard Walter

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