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Août 2018    [71]
Mourir debout…
Lu par : Rémy Cosandey

Mourir debout
Soixante ans d’engagement politique

Anne-Catherine Menétrey-Savary
Éditions d’En Bas
2018

Le livre d’Anne-Catherine Menétrey-Savary est à la fois captivant et bouleversant. Captivant parce que, en 450 pages, il retrace 60 ans de l’histoire de la Suisse, avec ses ombres et ses lumières. Bouleversant parce qu’il raconte les luttes acharnées menées sans faiblesse par une femme admirable pour qui la politique a toujours été un moyen pour rendre le monde plus juste. D’ailleurs, elle est formelle: «Je suis convaincue qu’il n’y a pas de retraite possible en politique: comment cesser de se préoccuper de ce qui nous a animés toute notre vie?»

Comment qualifier cet ouvrage? Écoutons l’auteure: «Au terme d’une soixantaine d’années d’engagement politique, je me retourne pour voir d’où je viens, et je rassemble des fragments, des vestiges, des nostalgies, des enthousiasmes un peu émoussés, des combats fossilisés par le temps, pour les encastrer dans un présent qui les reconnaît encore comme étant de la même veine, de la même chair, de la même espérance, de la même volonté de changer le monde».

S’il fallait choisir un passage du livre, on pourrait parler du gouffre des inégalités. Pour l’ancienne conseillère nationale, les fruits de la croissance n’ont enrichi que les riches. En 2015, la fortune mondiale était de deux cent cinquante mille milliards de dollars et la moitié de ce trésor est entre les mains de 1% de la population. Depuis la crise financière de 2008, qui lamina les populations les plus précaires, l’écart n’a pas cessé de se creuser entre les riches et les plus démunis. Anne-Catherine Menétrey-Savary ne cache pas son indignation et propose une autre économie.

Dans le domaine de l’écologie, l’auteure dénonce les causes du réchauffement climatique et rappelle que la planète consomme beaucoup plus que ce qu’elle peut produire. Elle fait un certain nombre de propositions qui correspondent au programme défendu au Parlement fédéral par les députés des Verts.

Dans sa conclusion, Anne-Catherine Menétrey-Savary fait preuve d’optimisme: «Je suis convaincue que les plus grands malheurs de l’humanité ont toujours réussi à mettre debout des hommes et des femmes pour résister, pour aider, pour reconstruire». C’est aussi la certitude des membres du comité rédactionnel de l’essor.

Rémy Cosandey

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