Logo Journal L'Essor
2018 2017 2016 2015 2014 2013 2012 2011
2010 2009 2008 2007 2006 et 100 ans d'archives !
Rechercher un seul mot dans les articles :
Article suivant Numéro suivant
Numéro précédent Article précédent   index de ce numéro

Août 2017    [71]
L’économie de l’aimant
Lu par : Rémy Cosandey

Edouard Dommen
Editions Ouverture
2017

«La plupart des économistes considèrent que leur discipline est une science. Ils ont donc tendance à exposer leurs idées avec la conviction sans concession de possesseurs de la vérité. Les théoriciens de la guerre en revanche considèrent que leur discipline est un art. Ainsi, paradoxalement, ces derniers peuvent se permettre d’être plus pragmatiques et souples dans leur approche de la réalité sociale».

Cette introduction résume bien le livre d’Edouard Dommen. Avec de fréquentes références à Calvin (il est spécialiste de la pensée économique et sociale du grand réformateur genevois), il explique les arcanes de l’économie mondiale, ses succès dans le développement des pays et ses difficultés à éviter l’accroissement du fossé entre les riches et les pauvres. A ce sujet, il a d’ailleurs un jugement implacable: «Les riches sont les bénéficiaires du processus social qui dépossède les pauvres».

Critique aussi virulente des lois: «Les autorités les adoptent pour épater la galerie, mais sans intention de les mettre en œuvre». Edouard Dommen reconnaît que la loi fait partie de l’environnement institutionnel; elle interdit certaines formes de comportement et en rend d’autres obligatoires. Elle peut constituer une contrainte ou un obstacle à contourner. Elle peut également offrir des occasions à saisir. La fraude fiscale, le chantage, le commerce illégal (d’armes ou de stupéfiants par exemple), le faux étiquetage ou la falsification des marchandises ne sont que des exemples parmi d’autres.

Les chapitres de la seconde partie de l’ouvrage résument bien le sens de la démarche d’Edouard Dommen:
«Les modèles de l’économie idéale»;
«Pouvons-nous atteindre l’économie aimante à partir d’ici?»
«Peut-on se libérer de la violence?»
L’auteur est limpide: «Puisque le fonctionnement de presque toute forme d’économie enrichit les riches en appauvrissant les pauvres, il faut rendre aux marginalisés ce qui leur a été retiré. Les impôts constituent l’un des moyens de réaliser une telle redistribution». Il rappelle par ailleurs que la personne idéale de la Bible est particulièrement soucieuse du bien-être des démunis, des faibles et des sans défense.

Edouard Dommen conclut par une mise en garde: «Il ne faut en tout cas pas attendre qu’une économie aimante, porteuse de paix, soit livrée sur un plateau. Nous devons œuvrer sans cesse en espérance à sa réalisation». Et de citer l’exhortation de Guillaume le Taciturne: «Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer».

Espace réservé : Rédaction
© Journal L'Essor 1905-2017   |   Reproduction autorisée avec mention de la source et annonce à la Rédaction  |       Corrections ?