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Octobre 2016 
Petit manuel du pendulaire
Auteur : réd.

Dans le dernier numéro de ATE Magazine, nous avons découvert un excellent éditorial de Jérôme Faivre, rédacteur adjoint. Nous le reproduisons in extenso.

À la gare, on ne peut pas les louper. D’un pas pressé, ils se déplacent machinalement. Les uns tapotent nerveusement sur l’écran de leur téléphone. Les autres feuillettent un quotidien gratuit, subtilisé dans une caissette de distribution. Le matin, on les croise un gobelet de café à la main. Le soir, avec quelques cernes sous les yeux. Eux, ce sont les pendulaires en transports publics.

Il convient de ne pas les confondre avec leurs cousins, les pendulaires automobilistes. Un peu à la manière des escargots, ces derniers transportent leur maison sur le dos. A l’exception près que cette maison possède quatre roues et prend beaucoup de place. Tellement de place qu’ils finissent par s’accumuler les uns derrière les autres, créant des files d’attente toujours plus longues. Mais cet effet de masse n’est pas propre aux automobilistes. Souvent les pendulaires en transports publics s’entassent, eux aussi, comme des sardines en boîte.

Afin de survivre en ce milieu hostile, ces personnes ont développé des qualités vénérables. Parmi elles, la patience et la tolérance. Cependant, il arrive qu’un quidam isolé ne parvienne plus à dissimuler son irritation. Dans ce cas, face à la foule, la situation peut s’envenimer. Des noms d’oiseaux viennent à voler – des mots que la bienséance m’interdit ici de répéter.

Puis il y a les pendulaires à vélo et à pied, qui représentent une minorité. Probablement un jour cela va-t-il changer. Quoi qu’il en soit, ils sont souvent mal-aimés. On leur reproche de ne pas respecter les règles de la circulation, et même d’afficher une certaine suffisance vis-à-vis des autres usagers Peut-être est-on tout simplement jaloux d’eux? Parce qu’ils habitent à quelques pas de leur travail. Parce qu’ils ne connaissent pas le calvaire des heures de pointe. Parce que leurs défenses immunitaires sont telles qu’ils ne sont jamais malades, même en hiver, Tout cela pour vous dire qu’être pendulaire est souvent une fatalité. Mais quel type de pendulaire on peut être est toujours une question de choix.

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