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Juin 2016 
Les fraudeurs sont des criminels
Auteur : Le comité rédactionnel

Ouf, l’initiative de l’UDC n’a pas passé! On aura ainsi évité que des étrangers qui commettent un vol à l’étalage ou un petit larcin soient automatiquement expulsés. Qu’on traite de criminels les personnes qui sont coupables d’assassinat, de viol ou de braquage à main armée, on l’admet bien volontiers. Mais qu’on mette dans la même catégorie les immigrés qui «piquent» un article dans un magasin ou qui oublient de déclarer un petit revenu accessoire, voilà qui en dit long sur les méthodes d’un parti qui jouent sur les peurs et qui fait des amalgames obscènes. Pour lui, les étrangers sont responsables de tous les maux: chômage, pénurie de logements, bouchons sur les routes, etc. C’est le règne des boucs émissaires.

On attend donc avec impatience que l’UDC montre du doigt les vrais criminels, ceux qui privent les collectivités publiques de milliards de francs par année, qui pourraient servir pour aider les plus démunis, pour améliorer les transports publics, pour mieux lutter contre la pollution, pour combattre l’illettrisme, pour promouvoir les énergies renouvelables. Ces criminels, ce sont les fraudeurs, ces personnes qui dissimulent leur fortune dans des paradis fiscaux pour payer moins d’impôt.

L’affaire des Panama Papers a mis en lumière l’ampleur de la fraude. En ce qui concerne les Etats impliqués, de deux choses l’une: ou leurs dirigeants étaient complices, ou ils sont incapables. Le monde en général et l’Europe en particulier savaient que les sociétés écrans servaient à faire de l’optimisation fiscale et parfois même à couvrir des entreprises criminelles. Un des principaux coupables, l’ancien Premier ministre du Luxembourg, a été élu à la présidence de la Commission européenne en 2014. Après ça, comment voulons-nous croire que l’Europe est autre chose qu’une gigantesque machine économique qui écrase les plus faibles?

Branko Milanovic, ancien chef économiste de la Banque mondiale, analyse le phénomène: «Les classes populaires se détournant du vote, la démocratie semble être tombée dans les mains d’une ploutocratie antidémocratique ou populiste à la Trump. En Europe, le démantèlement de l’Etat-providence fait le lit de mouvements nationalistes

Nous avons toujours rêvé d’un monde plus juste. Mais notre rêve tourne actuellement au cauchemar car nous constatons que les fraudeurs sont adulés et les lanceurs d’alerte traduits en justice. Il est temps que les gouvernements prennent des mesures efficaces pour changer la donne, à défaut de quoi on assistera à une accélération de la montée de la dictature de l’argent et, conséquemment, à la disparition de notre civilisation.

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