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Février 2016    [1]
Décroître, oui mais doucement, intelligemment!
Auteur : Comité rédactionnel
Illustration: Lisa Larson-Walker

Le forum de ce numéro est consacré à la décroissance. Nous voudrions vous présenter les divers aspects de cette petite révolution à venir. Les encouragements et les louanges comme les critiques et les oppositions ne manqueront pas; il n’est pas difficile d’imaginer que, dans nos sociétés basées sur une croissance constante, la décroissance puisse inspirer quelques craintes. C’est précisément parce qu’elle peut effrayer, qu’elle semble contraire à l’évolution ordinaire, qu’il faut l’envisager avec calme pour éviter de devoir la subir, inéluctablement.

À force de vouloir plus, toujours plus, plus de confort, plus de luxe, plus de libertés, plus de vacances, plus de viande, plus de poisson, plus d’argent, nous épuisons ce que –pudiquement– nous désignons sous le vocable de «ressources», y compris nous-mêmes – ne sommes-nous pas devenus nous-mêmes des «ressources» humaines.

Ressources naturelles, ressources non-renouvelables, ressources animales, il n’en n’est plus une seule qui ne soit en voie d’assèchement. Poursuivre aveuglément cette quête aberrante sans nous interroger sur le bien-fondé de ce choix, soutenir indéfiniment une croissance éternelle est tout simplement fallacieux. Changeons de paradigme! La décroissance, il faut la précéder, l’inventer et la faire volontairement, sans exagérer, sans renoncer à l’essentiel, sans se départir d’un certain confort, sans y être contraint. Il faut la faire «doucement».

La volonté individuelle constituera la voie raisonnable, la décroissance en douceur, en petites économies quotidiennes. Il ne s’agit pas de renoncer à nos appareils, à nos écrans omniprésents, il s’agit de les utiliser à meilleur escient. Il s’agit de renoncer non pas à la voiture, mais au gros 4x4 inutile, il s’agit non pas de se priver de vacances aux antipodes, mais de prendre le temps du voyage. Il s’agit d’aller à pied au magasin du coin, il s’agit de choses simples, évidentes. Il s’agit de réintroduire un tout petit peu de bon sens dans nos vies.

Cessons d’être des consommateurs prisonniers et devenons des adultes responsables. Rien ne nous en empêche, sinon nous-mêmes. Explorer les voies du futur est un devoir de curiosité que chaque citoyen se doit d’engager. Prendre enfin en main notre destinée reste la seule façon d’indiquer à nos dirigeants que le temps est venu d’abandonner quelques-unes de nos mauvaises habitudes.

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