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Décembre 2013 
La liberté est peut-être pour demain !
Auteur : Emilie Salamin-Amar

Les pays émergents, longtemps cantonnés dans le rôle de fournisseurs de main-d'œuvre à bas coût, puis à celui de nouveaux marchés de consommation grâce à la montée d'une classe moyenne locale, vont également finir par abriter le plus grand nombre de très grosses entreprises, ainsi que les revenus qu'elles génèrent. La crise du capitalisme mondial s’accroît de jour en jour, lentement mais sûrement.

D’ici 2025, la moitié des plus grandes entreprises du monde seront basées dans les pays émergents. Durant de longues années, les ouvriers de ces pays ont fabriqué pour nous tout ce dont nous avions besoin, ainsi que les biens superflus. Mal payés, exploités, ils ont pris goût à tous ces articles de consommation et à présent ils veulent en posséder eux aussi. Ils ne veulent plus se contenter d’être les ouvriers du silence œuvrant comme des fourmis, sans répits et sans droits, dans les grands magasins du monde. Ils veulent consommer à tout prix. Alors, de délocalisation en délocalisation, le travail se fait rare dans nos contrées. Le chômage et des situations précaires touchent de plus en plus de monde. La jeunesse, pourtant bien éduquée, ne trouve plus d’emploi. Les seniors, qui pourtant ont de l’expérience, sont mis à la retraite anticipée, car le coût du travail est trop élevé en Suisse. Alors, comment y remédier? En baissant le coût salarial pour les entreprises. En essayant de les attirer, non pas avec du chocolat, mais avec une idée révolutionnaire.

Ce n'est pas le travail qui est la liberté:
c'est l'argent qu'il procure, hélas!
— Gilbert Cesbron

Plus de 130’000 signatures ont été récoltées, ont annoncé les initiateurs de l’initiative d’un revenu de base pour tous. Espérons que le peuple votera en faveur de cette belle avancée sociale. Mais de quoi parle-t-on exactement? Chaque personne, active ou non, vivant légalement en Suisse, touchera la somme de 2500 francs par mois si elle est adulte, et 625 francs par mois s’il s’agit d’un mineur de moins de 18 ans. Cela peut paraître utopique, voire à la limite, déraisonnable et pourtant il n’en est rien! Tout le monde y gagnera, à commencer par les entreprises. Imaginez, un employé qui reçoit actuellement un salaire mensuel de 6000 francs recevra 3500 francs de son entreprise et 2500 francs de revenu de base de la Confédération. Comme vous pouvez le constater, les travailleurs ne perdront pas au change, alors que pour les entreprises, les charges salariales baisseront. Elles pourront produire à moindre coût. C’est donc un marché gagnant-gagnant. Bien sûr qu’il faudra au préalable fixer des conditions-cadres afin qu’il n’y ait pas un afflux de migrants vers notre pays.

J'ai tellement besoin de temps pour ne rien faire, qu'il ne m'en reste plus assez pour travailler.
— Pierre Reverdy

Le revenu de base pour tous favorisera l’engagement comme chacun l’entend. Certains pourront choisir de travailler à 40, 50, 60 ou même 80 % pour être plus présents auprès de leur famille, de leurs enfants. D’autres pourront donner de leur temps comme bénévoles dans le social, ou s’investir dans la culture. Il paraît même que les soins aux proches seront enfin rémunérés. Chacun d’entre nous pourra enfin développer son côté artistique et donc s’épanouir et retrouver le bonheur de vivre. Cette initiative va remettre la dignité humaine au cœur du débat, elle ramènera l’argent, l’économie et la compétitivité à leurs justes places. Effectivement, l’argent doit redevenir un moyen de subsistance et non une fin en soi. En fait, il s’agit tout simplement de redistribuer la richesse afin de permettre à tout un chacun de mener une existence digne et surtout, d’avoir le temps et l’envie de participer plus activement à la vie publique. En votant pour un revenu de base pour tous, les citoyens de ce pays donneront une belle leçon de démocratie au monde entier. Ainsi, la Suisse deviendra le pays du partage, de la solidarité. Notre devise n'est-elle pas: un pour tous, tous pour un? Le moment est venu de l’appliquer, cela s’appelle: le progrès social.

Amis, nous ne redeviendrons pas des chasseurs-cueilleurs, nous allons juste avoir plus de liberté.

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