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Octobre 2009 
L’anarchie, aujourd’hui…
Auteur : Edith Samba

Longtemps, l'anarchie a été synonyme de chaos; ses militants, couteaux entre les dents, tuaient les têtes couronnées et posaient des bombinettes sous les carrosses… C'était l'ennemi public préféré du plus grand nombre et de ses dirigeants.

J'ai pour ma part l'impression diffuse que, depuis, la philosophie anar a semé de multiples petites graines, sélectionnées par l'air du temps. Des associations dites alternatives, liées à la santé, l'environnement, la décroissance, la solidarité locale ou internationale ont d'une certaine manière repris, même partiellement, le flambeau sans en avoir nécessairement conscience. Un petit sondage en France a évalué qu'environ 20% de la population, d'une manière ou d'une autre, met en pratique des démarches alternatives. Certains leur donnent le nom de « créatifs culturels ».

De leur côté, les anarchistes, sans déroger à leur principal fond philosophique, « Ni Dieu, ni maître », avec pour corollaire l'accent mis sur la responsabilité individuelle, ont changé d'orientation pour travailler plus directement sur la réalité sociale. Par exemple, beaucoup de villes en Suisse ont leur centre autogéré, encore trop souvent agressé par la police. Certains, comme ceux de Bienne, ont développé un vaste programme, avec sleeping pour SDF, et autres personnes en déshérence ou en recherche, cantine, bains, lieux de rencontres et de culture. Des communautés agraires se sont formées, les vertus de l'esprit coopératif sont remises en lumière. Dans bien des domaines, la demande de petites structures se fait sentir, alors très logiquement, l'économie dominante hurle au protectionnisme.

Dans un climat de tolérance réciproque parmi ces multiples démarches, cela peut permettre à chacun de se trouver une place qui lui correspond. Parce que dans notre modèle actuel de société à pensée unique, on voit bien d'un côté les instances gouvernementales et internationales ne pas résister à la dictature de cette logique. De l'autre, on observe, chez soi déjà, le pouvoir infiniment corrupteur du confort.

Il devient de lors indispensable d'encourager, soutenir, travailler à l'émergence de propositions de «vivre autrement», plus simplement. La coordination des meilleures d'entre elles, avec mise à l'écart de toutes celles qui portent atteinte à la liberté individuelle, serait une belle musique d'avenir à composer… même si l'esprit de chapelle et de pureté philosophique ne va pas faciliter la tâche… Ah Utopie, quand tu nous tiens!

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