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Octobre 2008 
La force qui nous manque, Eva Joly
Auteur : Suzanne Gerber

La force qui nous manque – Témoignage
Eva Joly,
Editions Les Arênes, 2007

Les problèmes du 21e siècle appellent de nouveaux généraux sous les drapeaux d’un monde mondialisé, sans casquettes ni grades, mais qui pourtant ont besoin de gardes du corps lorsqu’ils tentent de mettre de la lumière dans les ténébreux dédales des palais des paradis fiscaux ou autres lieux obscurs.

C’est ce que dépeint Eva Joly, tout en retraçant les moments forts de sa vie: sa jeunesse heureuse vécue à Oslo, dans une famille d’artisans, son arrivée à Paris en 64 comme fille au pair, son mariage, sa vie d’épouse, de mère et d’étudiante en droit au côté d’un mari tout jeune médecin; la licence enfin qui lui ouvre des postes où elle découvre la misère du monde… et, à 38 ans, la magistrature.

Dans un style vivant, riche d’images, Eva Joly décrit les nombreux échelons qui ont fait d’elle une femme forte, celle qui pendant huit ans a mené jusqu’au bout, malgré de multiples menaces, l’instruction de «L’affaire Elf» dont elle signe la fin en 2002.

C’est aussi la fin de son activité à Paris, même si elle garde une maison rustique en Bretagne. La Norvège, son pays, lui a offert un poste de conseiller contre la corruption et le blanchiment d’argent au niveau international.

«J’ai 63 ans, dit-elle… Je n’ai jamais été si libre ni si heureuse depuis 20 ans». Elle n’est plus seule dans sa lutte pour la justice. Venus de tous les continents, une bonne vingtaine de complices traquent ces milliards d’argent sale, ruine des peuples, comme des Etats, pollution des âmes, comme de la terre nourricière, sans parler de nos démocraties lézardées. Ce réseau, soutenu par la Norvège, réunit de manière informelle ceux qui, de par le monde, sont en charge de difficiles dossiers de corruption.

Témoignage d’une lutteuse qui n’a pas eu peur de démasquer les «grands» qui savent si bien contourner les lois. «Loin de Paris, j’ai la confirmation que l’élite française n’est qu’un club qui ne fait plus évoluer le monde». Aujourd’hui, instruite par tant d’instructions judiciaires, elle est heureuse de continuer la lutte sur des chemins plus vastes.

À nous de l’écouter pour mieux comprendre les rouages ensorcelés de ce fameux ARGENT, nerf de toute guerre dit-on, et dont les faramineux pots-devin sur les ventes d’armes ont l’art de se métamorphoser en «secrets d’État».

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