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Avril 2008 
De l’excès à l’indécence
Auteur : Rémy Cosandey

Homo oeconomicus

Les milieux patronaux et les partis de droite le disent et le répètent: les énormes rémunérations versées aux managers des grandes entreprises sont la juste récompense des performances qu’ils réalisent. On sait qu’il s’agit d’un mensonge car aucun travail ne justifie un salaire 600 à 700 fois à celui d’un ouvrier. On en veut pour preuve le cas de Marcel Ospel qui vient de faire perdre 40 milliards à l’UBS. Il ne rendra pas une partie des 20 millions qu’il touche chaque année. Pire: malgré son incompétence et sa morgue, on parle de lui offrir un parachute doré de plusieurs dizaines de millions de francs. L’indécence a remplacé l’excès !

Les Suisses commencent enfin à se rendre compte qu’il y a exagération dans la rémunération des dirigeants. Mais qu’on ne s’y trompe pas: dans le secteur bancaire, il n’y a aucune mesure entre le salaire du privé et celui du parapublic. Par exemple, l’année dernière, le conseil d’administration de la Banque cantonale neuchâteloise avait décidé d’augmenter le traitement de ses membres, dont celui de son président (charge à 50%) à environ 120'000 francs. Levée de bouclier, cris d’indignation ! Il a fallu revenir en arrière alors que la hausse était parfaitement justifiée et que le salaire envisagé était à peu près 100 fois (oui, cent fois) inférieur à celui de M. Ospel.

L’exemple de M. Ospel, celui de M. Vasella et quelques autres doivent nous interpeller sur le lien qu’il y a entre travail et rémunération. Ne pas aborder clairement le problème, c’est admettre des pratiques scandaleuses, source de conflit social et d’insatisfaction. Et comme les Suisses sont à la fois un peuple de moutons et les champions de l’amalgame, ce sont finalement les autorités qui sont critiquées et non le néolibéralisme.

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