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Juin 2007 
La capacité de s’émerveiller
Auteur : Christiane Bonder

Qui, dans nos sociétés, serait prêt à revivre comme au début du siècle dernier, à se passer du confort qui est le sien, des soins médicaux et de la sécurité? Qui abandonnerait sa télé, ses journaux, son ordinateur et Internet? Les facilités et les possibilités qui nous sont offertes devraient en principe nous procurer une énorme joie de vivre… Or, il n’en est rien.

Étonnamment, la joie de vivre se retrouve dans les pays les plus pauvres, ces contrées où vivre signifie simplement se préoccuper de l’essentiel. Là où l’on mesure le prix de l’eau qu’il faut porter, de la nourriture souvent insuffisante. Là où perdure le respect envers une nature fragile et soumise aux caprices du temps. Là où la mort faisant partie de la vie, elle est acceptée avec sagesse et philosophie. Une journée durant laquelle une famille a pu boire et manger, éduquer ses enfants et leur offrir un toit mérite que l’on chante, que l’on danse pour remercier les esprits du ciel et de la terre.

D’un côté, la pauvreté et une vie difficile. De l’autre, la surabondance en tous domaines qui fait de nous des êtres repus et blasés. Comment retrouver un juste milieu, une conscience qui modérerait nos ambitions démesurées? L’homme est incapable de vivre sans le reste du vivant et son existence ne peut se limiter à l’illusion perpétuelle d’être heureux en possédant encore et toujours plus. Il nous faudrait une plus grande clairvoyance de manière à se méfier des médias qui véhiculent de nombreuses informations bêtifiantes et erronées. Un exemple de source sûre: la violence chez les jeunes n’est pas plus importante aujourd’hui qu’en 1980, alors qu’on nous incite à penser le contraire. Ce qui est lu, regardé ou écouté doit attirer pour être rentable, au détriment de la qualité et de l’honnêteté de l’information. Ainsi crée-t-on un climat de confusion, de peur et d’angoisse. Qui croire et que croire? Déstabilisés, nous en perdons notre joie de vivre. Inconsciemment, l’homme d’aujourd’hui devient un grand nostalgique. En s’éloignant des valeurs essentielles, des référence et de sa Mère Nature, il devient un orphelin malgré lui.

Comment parvenir à un état d’harmonie qui conviendrait aux hommes de cultures et d’horizons différents? Un mouvement de fond se mettra-t-il en place afin que les humains cessent d’être des jouets manipulés? Ces mêmes humains travailleront-ils à acquérir un peu de sagesse et de compréhension? Toutes questions qui méritent d’être nourries d’espoir pour que nos enfants, peut-être, retrouvent une certaine joie de vivre, laquelle appartient à ceux qui ont gardé la capacité de s’émerveiller.

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