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Avril 2006 
Jean Van Lierde, une foi inébranlable
Auteur : Rémy Cosandey

Les 80 ans d’un grand pacifiste

Président du MIR-IRG (Mouvement International de la Réconciliation – International des Résistants à la Guerre), Jean Van Lierde a fêté ses 80 ans le 15 février dernier. Durant toute sa vie, il a été un militant passionné de la non-violence. Il fut tout d’abord un résistant non-armé à l’occupation allemande durant la deuxième guerre mondiale. En 1949, il s’opposa ouvertement à l’obligation de se faire enrôler dans le service militaire. Il fut emprisonné à trois reprises et travailla au fond d’une mine de charbonnage en substitution du service militaire. Son action aboutit à l’adoption du statut sur l’objection de conscience par le Parlement belge en 1964. Ami personnel de Lumumba, Jean Van Lierde développera avec celuici une stratégie de lutte non-violente dans le cadre de la lutte pour l’indépendance du Congo.

À titre d’hommage, nous reprenons quelques extraits d’une interview réalisée par la radio belge: «Je suis optimiste, mais en me disant que les accidents sont possibles. Je crois que toutes les conditions sont là maintenant pour le Congo, pour l’Algérie, pour les autres, d’une possibilité d’enfin humaniser les relations internationales, d’enfin diminuer le nombre de malheureux sur terre, et que la justice enfin peut s’établir avec le droit des femmes, avec le droit des pauvres. Il me semble que, là, il y a une progression possible et lente. Lente parce que je dois avoir un sens de la patience. Quand j’entre en tôle en 49, je me disais que j’en avais pour trois ans de prison mais, en fait, il me faudra quinze ans pour voir le statut des objecteurs voté à l’unanimité à la Chambre en 1964. Quinze ans de patience pour y arriver! Et pour bien d’autres choses, il faut beaucoup de temps, beaucoup de patience. Mais, tant qu’il y a des gens pour vivre cela et pour préparer ce futur dans des combats permanents, eh bien je trouve que, oui, on peut garder l’espoir».

Merci à Jean Van Lierde pour ce témoignage de courage et de ténacité. Oui, vraiment, avec des hommes comme lui, on peut garder l’espoir.

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