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Août 2018    [1]
Ne pas confondre réforme et régression
Auteur : La Rédaction

Depuis quelques années, la plupart des gouvernements n’ont qu’un seul mot à la bouche: réforme. En Suisse notamment, on veut tout réformer: l’assurance-invalidité, le service civil, la poste et l’administration pour ne prendre que quelques exemples.

Dans le premier cas, on durcit la loi pour attribuer moins de rentes, dans le deuxième, on dresse des obstacles supplémentaires pour décourager ceux qui choisissent le service civil plutôt que le service militaire, dans le troisième, on diminue drastiquement les prestations offertes aux usagers et dans le quatrième, on affaiblit le service public en supprimant des services et des fonctionnaires.

Selon le dictionnaire, une réforme est un changement important apporté à une institution en vue de l’améliorer. C’est clair et ceux qui utilisent le mot réforme pour enlever des droits et diminuer des acquis devraient apprendre à connaître la signification des mots. En réalité, ce qu’ils proposent ou mettent à exécution n’est rien d’autre qu’une régression. Et le peuple, qui devient toujours plus fataliste, réagit de plus en plus mollement.

Régression: le mot est dit. Au niveau du Conseil fédéral, le départ de Didier Burkhalter et son remplacement par Ignazio Cassis a marqué un tournant. Au radical humaniste a succédé un radical conservateur qui considère que l’intérêt de la Suisse passe avant tout par sa force économique et qui relègue au second rang les problèmes sociaux, écologiques et humanitaires.

En quelques mois, le ministre des affaires étrangères a injurié les Palestiniens, remis en cause les mesures d’accompagnement des Bilatérales (s’attirant la réprobation unanime des syndicats), favorisé la vente d’armes à des pays en proie à la guerre civile, modifié un rapport rédigé par ses propres services qui affirmait que la Suisse ne montrait pas l’exemple en matière d’émission de CO2. A plusieurs reprises, il a été désavoué (recadré dit-on pour faire moins brutal) par le président de la Confédération.

En peu de temps, Ignazio Cassis est devenu le fossoyeur de la neutralité suisse et de la collégialité du Conseil fédéral. Et cela sans que les partis politiques qui dirigent le pays réclament sa démission ou, pour le moins, exigent des excuses.

Il faut malheureusement le constater: la politique suisse est axée en priorité sur l’argent et le chantage. La santé de l’économie passe avant le respect des Droits humains. Les réformes engagées contribuent à élargir le fossé qui sépare les plus riches des plus démunis. On le voit dans le canton de Neuchâtel qui, disposant pourtant d’une double majorité de gauche au Grand Conseil et au Conseil d’Etat, fait des cadeaux fiscaux indécents aux riches et diminue l’aide sociale. Et la base électorale reste muette!

Comité rédactionnel de l’essor

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