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Février 2018    [72]
L’avenir des Terriens
Lu par : Gloria Barbezat

L’avenir des Terriens
Fin de la préhistoire de l’humanité comme société planétaire
Marc Augé,
Éditions Albin Michel, 2017

C’est un ouvrage qui a été écrit à la suite d’une conférence faite par l’auteur à Turin dans le cadre de la Biennale de la Démocratie en 2013. Il définit lui-même sa démarche analytique sur l’évolution accélérée de notre histoire par des réflexions et des prises de conscience qui nous conduisent à travers une vision moderne d’une anthropologie engagée dans le monde contemporain.

Il montre que «les mouvements de populations, les violences et les crises politiques auxquels nous assistons avec effroi et fascination n’annoncent pas le retour au Moyen Age, mais au contraire sa fin définitive: ces soubresauts accompagnent la naissance d’une nouvelle société planétaire».

Il est évident que nous vivons des changements qui bouleversent notre rapport à l’espace, au temps, à la vie. Le lien entre vie scientifique et vie sociale, entre progrès scientifique et développement économique n’a jamais été aussi important et complexe dans la société contemporaine. Les propos de l’auteur vont dans ce sens «Nous nous acheminons vers une planète à trois classes sociales, les puissants, les consommateurs et les exclus».«A l’époque de l’ubiquité et de l’instantanéité, l’homme risque d’être victime des puissants instruments qu’il a mis au point et qui menacent de subvertir la relation de chaque individu avec les autres. Devant ces bouleversements, le réel épuise l’imagination et l’humanité renonce aux utopies d’hier».

Marc Augé nous invite à la réflexion, à une prise de conscience de la triple dimension de l’homme en tant qu’entité individuelle, culturelle et générique.

Une conclusion néanmoins optimiste quand l’auteur relève et suggère que «Le drame de l’époque contemporaine, qui est aussi son espoir, c’est qu’elle confronte dès maintenant l’humanité à la nécessité de réaliser l’utopie si elle veut conjurer la double menace de l’exclusion de certains et de l’aliénation de tous». La notion d’engagement quotidien est la seule pratique susceptible de donner corps à l’utopie. Accompagner la «globalisation» en rappelant «ce que sont les constituants symboliques de l’existence humaine, irréductiblement et solidairement individuelle et sociale, me semble aujourd’hui et pour longtemps, une tâche essentielle».

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