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Octobre 2017    [1]
Argent pour la haine, prison pour la solidarité
Auteur : Rémy Cosandey & Emilie Salamin-Amar

Le monde est-il de plus en plus fou? Les lois sont-elles mal faites ou inexistantes dans certains cas? Y a-t-il une justice à deux vitesses? L’excès de tolérance et la peur peuvent-elles influencer les décisions ou les non décisions de nos autorités? Ce sont toutes ces questions qu’on peut légitimement se poser en comparant deux affaires qui ont fait parler d’elles ces derniers temps.

Abu Ramadan (de son vrai nom Salah Ben Salem) est un imam qui prêche depuis 13 ans dans la mosquée de Bienne et qui demande à Allah de détruire les juifs, les chrétiens, les hindous, les Russes et les chiites. Et le Ministère public de la Confédération admet tout simplement qu’il n’a pas les dispositions légales permettant de le surveiller et de le poursuivre en justice. Pire encore, cet imam touche l’aide sociale et a déjà encaissé 600.000 francs sous différentes formes de la part des pouvoirs publics. Un scandale: toucher de l’argent d’un Etat démocratique qu’on veut détruire!

En son temps, les objecteurs de conscience – modèles de pacifisme – avaient moins de chance. On les poursuivait, on les jetait en prison et on cherchait à les mettre au ban de la société.

Il est urgent de rédiger des lois qui répriment sévèrement la haine et l’intolérance. Il faut aussi interdire de prêcher à ceux qui ne reconnaissent pas la Constitution fédérale, qui n’admettent pas l’égalité entre hommes et femmes et qui cherchent à détruire la démocratie suisse par l’intérieur. Combattre l’islamisme est un devoir par respect pour tous ceux qui pratiquent un islam modéré.

En France voisine, un agriculteur qui a protégé des demandeurs d’asile a été condamné à une peine de prison et à une amende. Et pourtant, Cédric Herrou s’en est tenu à ses convictions humanistes: «C’est le rôle d’un citoyen d’agir en démocratie lorsqu’il y a défaillance de l’Etat».

Dans quel monde vivons-nous lorsqu’on aide financièrement un imam haineux et que l’on condamne un généreux secouriste?

Une chose est certaine: nous vivons dans un monde pourri par l’argent. Exemple: un club parisien, alimenté financièrement par des Qataris, se permet de débourser 222 millions d’euros pour acheter un footballeur. Même notre héros national, Roger Federer, gagne plus de 70 millions de francs par année. On dit que les sportifs rapportent de l’argent. C’est vrai car il y a des individus qui n’hésitent pas à dépenser des centaines de francs pour aller voir un match ou acheter un maillot de leur idole. Ce sont certainement les mêmes qui ne donnent pas un centime pour une bonne œuvre et qui affirment que les élus sont trop payés.

Rémy Cosandey et Emilie Salamin-Amar

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