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Octobre 2016 
L’augmentation de l’AVS n’est pas une lubie syndicale
Auteur : Mousse Boulanger et Rémy Cosandey

Une fois de plus, les électrices et électeurs suisses ont voté contre leur intérêt: ils ont refusé d’augmenter les rentes AVS de10%. Une fois de plus, le patronat et les partis de droite ont utilisé la peur et le chantage pour faire croire aux Suisses que le pays allait s’écrouler en cas d’acceptation de l’initiative AVSplus.

Les adversaires de l’initiative ont utilisé un slogan très simple: qui va payer? Nous ne leur feront pas l’injure de croire qu’ils sont ignorants de la réalité: les partisans de l’initiative ont clairement annoncé que le financement de l’opération serait assuré par une augmentation des cotisations de 0,8% (à partager entre l’employeur et l’employé). Alors, il faut se rendre à l’évidence: le mensonge a remplacé l’argumentation. Et, une fois de plus, ça a payé. L’écrivain romain Plaute disait: «Quand le mensonge semble clair, nous sommes assez niais pour y croire.»

«La Confédération n’a pas les moyens de financer une augmentation de l’AVS», affirment certains. Pourtant, les mêmes ont trouvé 60 milliards de francs pour renflouer l’UBS, ont fait des cadeaux fiscaux de plusieurs milliards aux entreprises et augmentent régulièrement le budget militaire. Chez eux, l’hypocrisie règne en maître!

Dans le classement des énormités proférées à propos de l’initiative, la médaille d’or revient sans conteste à Marco Taddei, membre de la direction de l’Union patronale suisse. Dans l’hebdomadaire Echo Magazine, il dit: «Les entreprises ne doivent pas passer à la caisse pour payer les lubies syndicales». Honte à lui quand on pense qu’il y a 800.000 personnes qui vivent en Suisse sous le seuil de pauvreté (chiffre cité par Caritas et le Centre social protestant). Et, pendant ce temps, 350.000 millionnaires deviennent toujours plus riches.

Grâce aux partis de droite et aux milieux patronaux, on a confirmation que les valeurs morales, sociales et spirituelles sont rejetées au second rang. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’une seule valeur qui dirige le monde: l’argent. L’égoïsme a supplanté la solidarité et l’individualisme a remplacé l’intérêt collectif.

Le fossé entre les riches et les pauvres s’élargit. La droite et l’extrême droite qui sont majoritaires au Conseil national prennent des mesures qui favorisent ceux qui ont beaucoup d’argent et pénalisent les plus démunis. Les Romains avaient un slogan: Panem et circense (du pain et des jeux). L’Empire romain n’est pas mort parce qu’il a été attaqué par un peuple barbare; il a disparu en raison de sa propre décadence. Si nous laissons aller la situation actuelle, si nous acceptons l’élargissement du fossé entre les riches et les pauvres, l’Occident finira de la même manière.

Nous avons tous une immense responsabilité. Les possédants doivent cesser de stigmatiser les classes populaires et de vouloir toujours plus d’argent et de biens; les plus modestes doivent se rendent compte qu’ils ne bénéficient que très peu de la richesse créée par les entreprises et refuser de se laisser endormir par des slogans simplistes et mensongers.

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