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Avril 2015 
Le monde est un hypermarché du crime organisé
Auteur : Emilie Salamin-Amar
Plusieurs textes nous étant parvenus après le délai rédactionnel et la place nous manquant, nous avons renoncé à rédiger un éditorial (l’article d’Emilie Salamin-Amar le remplace) et un «chapeau» pour présenter le sujet. Par ailleurs, il convient de souligner que le Département fédéral de la défense, Amnesty International et le GSsA (Groupe pour une Suisse sans armée) n’ont pas répondu à notre lettre de sollicitation. C’est dommage car l’essor est attaché à la confrontation des idées. (red)

Comment va la croissance dans ce vaste monde? Elle est pratiquement nulle! Par contre, le commerce des armes se porte comme un charme. Le marché de l’armement va croissant et personne n’oserait s’en plaindre. Ainsi, les importations et exportations des systèmes de guerre ne semblent pas très affectées par la crise mondiale qui perdure et qui semble s’être installée pour un certain temps. Et pour cause, voilà bien longtemps que les pays industrialisés ont bien compris le système: les conflits amènent la destruction et, par conséquent, ensuite vient le temps béni de la reconstruction des pays bombardés. Il paraîtrait, d’après certains spécialistes, que c’est un moteur nécessaire pour sortir de la crise et pour stimuler la demande, l’économie, le développement, la croissance, lutter contre le chômage. Donc, un mal nécessaire.

Le marché des armes est en nette augmentation; entre 2005 et 2010, il a augmenté de 22%. Chaque seconde, la vente d'armement militaire se monte à 10.400 euros dans le monde, soit 409 milliards de dollars par an, dont 40% en Asie. Cette course folle à l’armement n’épargne aucune région du monde. Rien qu’en 2011, les dépenses militaires mondiales se chiffraient à 1740 milliards de dollars. Les vendeurs de mort font leur beurre sans aucun état d’âme. Avec un tel budget, les Etats concernés pourraient améliorer les conditions de vie de leurs ressortissants. Malheureusement, pour l’instant, cette préoccupation n’est pas primordiale à leurs yeux. La preuve en est que lors des conflits, les belligérants n’hésitent pas à dépenser 3,3 millions de dollars par minute, soit l’équivalent de 198 millions de dollars par heure: ce qui donne 4,7 milliards de dollars par jour! C’est tout simplement effarant, mais diront certains, c’est rentable.

Quels sont les pays les plus impliqués dans ce commerce macabre? En tête de liste, il y a les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, Israël, l’Espagne, la Suisse et l’Ukraine, pour ne citer que les plus gros fournisseurs de ce supermarché. Dans leurs catalogues il y a: des gaz lacrymogènes, des mines personnelles, des chars, des véhicules à chenilles, des hélicoptères d’assaut, des missiles, des roquettes, des drones, des avions de combat, des armes chimiques, biologiques et nucléaires. Sans parler de la petite mitraille et autres accessoires. Il faut dire que le choix est vaste puisqu’il existe une centaine de fabricants dans le monde, par conséquent la concurrence est vive. Alors, chaque année, ils tiennent un stand au Salon de l’armement afin de montrer leur nouvelle collection meurtrière.

Un jour peut-être, ces supermarchés de la mort, ces usines à fabriquer des cadavres, des mutilés, des traumatisés psychologiques, cesseront d’exister. Reste à savoir: quand?

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