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Février 2013 
Encore une atteinte à notre image humanitaire !
Auteur : Georges Tafelmacher

Le référendum contre les modifications de la loi sur l'asile votées le 28 septembre 2012 par les deux Chambres du Parlement fédéral a abouti et nous aurons à voter contre un certain nombre de durcissements dans le domaine de l'asile (projet 3). Par le biais de la procédure d'urgence, ces mesures ont été adoptées de manière urgente et sont d'ores et déjà entrées en force.


Mix & Remix. Source: http://www.infrarouge.ch

Il s'agit notamment de la suppression de la procédure d'asile en ambassade, de l'abandon de la désertion et du refus de servir comme motif d'asile, de la possibilité de placer des demandeurs d'asile dits «récalcitrants» dans des centres spéciaux et de l'autorisation donnée au Conseil fédéral de s'écarter des lois en vigueur afin de procéder à des «tests» dans le traitement des demandes d'asile pendant une période allant jusqu'à deux ans. Cette dernière disposition permettra en particulier de réduire à 10 jours le délai de recours dans certains cas.

Bien que le référendum ne serait pas la seule forme de contestation possible, il reste que cela fait partie des quelques possibilités d'opposition qui nous sont donné telles que, par exemple, une action de protestation nationale à convoquer dans les prochaines semaines, un large appel à la désobéissance civile contre les nouvelles mesures déjà en vigueur et contre celles à venir, ou une initiative qui affirmerait radicalement l'égalité entre toutes les personnes habitant ce pays et la prééminence des droits fondamentaux pour toutes et tous.

Parce que malheureusement il existe en Suisse quelques rétrogrades qui votent contre tout progrès social, ce référendum est nécessaire car, pendant la récolte et lors de la votation, nous avons la possibilité de descendre dans la rue et expliquer aux gens la réalité de cette loi qui est, malgré tout, très inhumaine. De plus, cela permet à cette population qui voudrait faire quelque chose, de produire de la conscientisation à ce problème auprès des citoyens qui se sont fait manipuler par les détracteurs de l'asile et de son instrumentalisation, qui ont présenté les réfugiés comme les fossoyeurs des «valeurs» de ce pays. Le lancement du référendum n'enlève rien au travail formidable qu'accomplissent les militants réguliers des milieux des réfugiés dans leur travail quotidien de défense des réfugiés!

Nous devons faire connaître notre opposition même si dans le climat actuel et au vu du rapport de forces en faveur de la droite dure, il n'y a aucune illusion à se faire. Même si ce nouveau référendum risque de déboucher sur un échec, comme tous les précédents, de renforcer les discours les plus durs et de donner une bénédiction «populaire» au Conseil fédéral et à l'Office fédéral des migrations, il faudrait plus que jamais s'activer politiquement et soutenir ce référendum. Sinon, cela donnera à cette droite obtuse et arrogante une sorte de bénédiction pour concevoir des lois aussi antisociales les unes que les autres.

Voici que notre pays, qui est prêt à dépenser des millions pour «améliorer l'image de ses banques à l'étranger» et pour attirer les grandes fortunes chez nous, se fiche totalement de son image humanitaire en durcissant sa loi sur l'asile et, pour des raisons «sécuritaires», est prêt à brader sa tradition d'accueil et à rendre notre politique d'asile indigne d'un pays ouvert et civilisé.

Bien sûr que la seule solution serait l'établissement d'une société réellement anarchiste, ouverte et humaine mais il y a encore très loin de la coupe aux lèvres…

Pour plus d'informations: www.odae-romand.ch

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