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Octobre 2012 
Pourquoi devons-nous honorer Jean Jaurès?
Auteur : François Courvoisier
Contrairement à Fourrier, Marx ou Lénine, Jean Jaurès n'a jamais été un théoricien du socialisme. Jaurès était un homme d'action. Ses deux préoccupations étaient la défense des prolétaires exploités et son opposition à la guerre.

Dans le Tarn où habitait sa famille alors, une petite ferme «le Faial», il y avait à côté de l'agriculture des usines de verre et des mines de charbon qui appartenaient à des aristocrates de la région qui exploitaient honteusement leurs ouvriers. Pour réagir, Jaurès crée à Albi une verrerie ouvrière qui appartient à ceux qui y travaillent.

En mars 1908, Jaurès est député de Carnaux. Comme député, il prendra toujours la défense des faibles, de France ou d'ailleurs. En mars 1908, il dénonce à l'assemblée des députés le massacre et la destruction d'un douar marocain, à 80 km de la Côte, campement où vivait sous la tente de nombreuses familles, par une colonne de l'armée coloniale du général Amade. Son interpellation est hachée de violentes interruptions de la droite qui accuse Jaurès de mettre en doute la générosité de l'armée française. Après le procès de Zola, lorsque Jaurès est convaincu de l'innocence de Dreyfus, il met toute son énergie à exiger la révision du procès.

Lors du massacre de deux cent mille Arméniens par les Turcs, il était évident que la France n'interviendrait pas, malgré la garantie de sécurité donnée par l'Allemagne et la France au peuple arménien. Marcel Proust raconte qu'alors que toute l'affaire semblait close, un petit homme bedonnant s'approcha de la tribune et attaqua avec courage et sévérité l'attitude du gouvernement français.

Je ne peux pas raconter toutes les interventions généreuses de Jaurès député, cela serait prétentieux de ma part. Cependant, j'aimerais parler de son action la plus courageuse, celle d'essayer d'empêcher la guerre. Dans l'espoir d'enrayer l'extension de la guerre aux Balkans, il convoque un grand congrès de l'Internationale socialiste à la cathédrale de Bâle dont les voûtes ont retenti au chant de l'Internationale. Puis, il va chaque jour en France et en Allemagne parler aux ouvriers pour les persuader de ne pas se battre les uns contre les autres pour le profit du capitalisme.

Le 31 juillet 1914, Jaurès est assassiné par un soi-disant patriote. Il est donc mort comme le Christ par amour de l'humanité. Voilà pourquoi nous devons l'honorer!

Pour terminer, je citerai la pensée d'Anatole France: «De toutes les facultés que lui accorde la nature, celle d'aimer est peut-être celle qu'il a exercée le plus complètement. J'ai entendu cette grande voix qui emplissait le monde de ses éclats magnifiques et terribles se faire pour ses amis cordiales et caressante». Tel fut Jaurès et tel on l'assassina.


 

La société capitaliste porte en elle la guerre comme la nuée porte l'orage.

Jean Jaurès
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