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Octobre 2009 
Aider les pays pauvres à passer le cap...
Auteur : Michel Egger

Titre complet: Aider les pays pauvres à passer le cap climatique plutôt qu'importer des agrocarburants

Aujourd'hui (ndlr: 16 octobre 2009), le train contre la faim organisé par un collectif de 7 ONG* de développement a traversé la Suisse romande de Genève à Delémont avec à son bord une cinquantaine de personnes dont des membres des Chambres fédérales, des députés et représentants d'autorités communales. Le message transporté était double: le changement climatique aggrave la faim dans le monde, une raison de plus pour que le Conseil fédéral s'engage fortement pour réduire les émissions de CO2 et aide les pays du Sud à s'adapter. Dans ce contexte, les agrocarburants importés des pays du Sud sont une mauvaise solution. Ils provoquent de graves dégâts sociaux et environnementaux. D'où la nécessité de stopper les importations d'agrocarburants.

Le choix de la destination ne tenait pas du hasard:l'entreprise «Greenbioenergy SA» prévoit de construire sur un terrain d'Alcosuisse à Delémont une usine de transformation en bioéthanol de canne à sucre, qu'il est prévu d'importer du Brésil. Un non-sens du point de vue environnemental et du développement, disent les ONG de développement et le collectif contre l'importation d'agrocarburants à Delémont. Le conseiller national Rudolf Rechsteiner l'a souligné: «la production des agrocarburants a contribué à augmenter les prix des céréales et à expulser les paysans de leur terre (…); il faut donc privilégier les sources renouvelables locales d'énergie plutôt que d'importer des agrocarburants». Son collègue Jean-Claude Rennwald souligne aussi que l'agriculture biologique est non seulement bonne sur l'environnement, mais «réclame également plus de main-d'œuvre que l'agriculture conventionnelle».

«Le soja a du sang sur les mains» s'est exclamée Javiera Rulli, biologiste d'Argentine, en regrettant qu'une entreprise comme Monsanto, dont le siège est à Morges, puisse profiter des crédits carbones tout en promouvant les OGM. Ainsi les peuples locaux sont victimes des solutions proposées contre le changement climatique. «Les agrocarburants ne sont propres qu'à la sortie du pot d'échappement». Un partenaire d'une des œuvres membre du collectif cité durant la journée relevait ainsi tout le problème de l'importation de matières premières produites au détriment de la nourriture des populations locales. «L'agriculture est productrice de biens alimentaires pour nourrir le monde», cette évidence de la présidente des paysannes du Cercle agricole de Delémont et environs, Yvette Petermann, résonne comme un appel, appel à acheter des fruits et légumes locaux et de saison, ici comme ailleurs.

* Le train contre la faim est organisé par Alliance Sud, Action de Carême, Déclaration de Berne, Entraide protestante suisse, Helvetas, Pain pour le Prochain et Swissaid avec la collaboration, entre autres, d'Uniterre et des Magasins du Monde et le soutien de la Fédération genevoise de coopération et la Fédération vaudoise de coopération.

Contact: Michel Egger, Alliance Sud: 079 599 97 30

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