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Avril 2009 °
Un miroir des temps modernes !
Auteur : Mousse Boulanger

Un miroir des temps modernes !
Editions de l'Aire, 2009

Marie-Jeanne Urech publie son quatrième livre aux Editions de l'Aire. Elle propose 9 nouvelles sous le titre «L'Amiral des eaux usées». Telle une visionnaire, elle projette le lecteur dans les conséquences annoncées du bouleversement climatique. Dans la nouvelle qui donne le titre au livre, il pleut en toute saison, mais y a-t-il encore des saisons? Dans ce pays inondé il fallait bien un amiral qui se déclare le maître des lieux. Il chasse les propriétaires à coups de bottes. Comment ne pas songer aux expropriations qui ont précédé la mise en exploitations de certains gisements pétroliers? Il n'y a plus d'hommes dans le pays, tous expédiés sous les armes. Une pénurie alimentaire fait naître un marché noir, et des pillages réalisés par une armée de l'ombre qui ne rend des comptes qu'à l'Amiral. «C'est dans la boue que vous naissez et c'est dans la boue que vous mourrez tous! Et moi l'Amiral je boirai un verre de cette boue à votre santé». On a envie de s'écrier: la crise on la connaît, on est dedans jusqu'au cou!

Le seul espoir que l'auteur nous laisse entrevoir, c'est la révolte d'une jeune femme qui, pour nourrir des enfants, n'a d'autre solution que de sortir son revolver quand l'Amiral refuse de partager ses provisions.

La deuxième nouvelle décrit comment la machine est en train de prendre la place de l'humain. Puis c'est l'égoïsme instauré par notre société qui fait d'un repas de noce, le triomphe de l'indifférence. «Ils ont disparus! Les convives baissèrent la tête, ils n'étaient plus très sûrs d'avoir salué les mariés»."
Il y a aussi les cuirassés où l'on échange ses enfants contre des médailles épinglées sur le plastron du père! Il y a le vieillard évadé de son EMS avec son sac à linge et sa bouteille d'eau, et puis cet informaticien, qui vit dans les carcasses d'ordinateurs, dont l'unique préoccupation est de gagner du temps, ce temps si précieux qu'il ne peut en détourner une seconde. «Dans la forêt de béton l'argent poussait comme de la mauvaise herbe».

Marie-Jeanne Urech nous tend un miroir du monde dans lequel nous sommes engagés, sans amour, sans beauté, sans humanité. De quoi avoir des sueurs froides. Ce livre a été sélectionné pour le prix des auditeurs de la radio romande.



Ce sont les circonstances qui décident du bien et du mal.
Machiavel

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